Partager avec les lecteurs-lectrices ce que j'ai vu, entendu, senti, goûté, ressenti dans ma région natale. Une balade dans le pays tamoul tout en s'informant, pour se forger sa propre opinion...
Quelques avis de lecteurs-lectrices sur mon 2ème roman :
« Bonjour Chilpa. Je viens de terminer le dernier chapitre de Pondichéry, la sororale. J'ai dégusté avec beaucoup de plaisir votre livre. J'ai voyagé depuis la petite Belgique où je vis, je me suis envolée à Pondichéry, j'ai fait connaissance avec trois femmes qui m'ont émues chacune avec leurs différences.
Je me suis régalée de saveurs gustatives, de couleurs (j'aime les couleurs qui illuminent la vie même par temps gris), de parfums. Culturellement je me suis enrichie.
J'aime votre écriture limpide et colorée et à la fin du premier chapitre, j'ai commandé "Pondichéry la sensuelle", je l'ai reçu mercredi et aujourd'hui je vais continuer de voyager avec vos héroïnes... » Christine
« Bonjour , Je viens de terminer la lecture de vos 2 livres. Je les ai beaucoup appréciés pour les raisons suivantes :
- belle écriture qui incite à la lecture, ponctuée de magnifiques images
- description des sensations très juste, analyse fine des émotions
- des histoires proches du vécu des femmes indiennes
- étude pertinente de la problématique de l appartenance à une culture franco-indienne
- mariage original de la prose et de la poésie
- des destins de personnages qui s s'entremêlent et forment une chaîne de solidarité.
Bravo à ma compatriote ! » Chantal
"Pondichéry, la sororale" publié chez Amazon en novembre 2021
Voici l'accroche : Archana l’intrépide, Lalitha la timorée, Gayatri, la maternelle… Trois femmes opposées par leur caractère et leur parcours de vie. Pondichéry, leur ville racinaire, tente de les connecter au-delà de leurs différences pour trouver un sens à leur existence. Entre mémoire et transmission, elles convergent vers une vérité enfouie.
À travers leurs histoires se dévoilent celles d’autres femmes tamoules, figures oubliées ou légendaires du Tamil Nadu, ainsi que les rituels féminins qui jalonnent leurs vies. Une plume libre invitant au dialogue…
« Je vis ma fille, immobile, les yeux dans le vague, dans les vagues de l’océan où mes cendres ont été diluées. Elle alluma une lampe à huile, posée sur un plateau végétal, qui flotta au gré des vaguelettes vers l’infini. La flamme vacillante dérivait vers le large, accompagnée d’un bouquet de lotus roses, mes fleurs préférées.
Sur la route de Mayilame, on avait fait une halte au bord d’un étang pour en ramasser quelques unes. Toutes les deux, en pataugeant dans la boue jusqu’aux mollets, comme des enfants. Des éclats de rire, des éclats de tendresse, des éclats d’amour indicible…»
Dans ce deuxième roman, l’auteure explore les identités plurielles à travers la biculturalité franco pondichérienne. Entre déracinement et enracinement, entre liens du sang et du cœur, la sororité s’entremêle.
Née Française à Pondichéry, Chilpa Dévi a choisi de construire sa vie en France, où elle travaille et y vit depuis trois décennies. Un parcours à la croisée des cultures, guidé par la liberté et la quête de sens…
Les histoires se déroulent dans le Tamij Nâdou, carrefour de mythologies et de la civilisation dravidienne dont la langue vernaculaire est le tamoul. Dépaysement garanti mais aussi instructif dans un style fluide pour donner envie de connaître cette culture ancestrale.
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Mon livre représente plusieurs mois de recherches, d’écriture, de correction, de mise en page et de créativité intellectuelle pour moi. Pour juger l’auteure, lire ses livres, avant de critiquer...
Merci infiniment, Chilpa Dévi 🌺
Copyright INPI : mes livres sont protégés par le code de la propriété intellectuelle.
"Pondichéry, la sensuelle" de Chilpa Dévi par Ramaya Kichenamourty
Article complet paru dans le Trait d'Union de Pondichéry, en avril 2023 :
Le chef-lieu de l'ancien territoire français en Inde est encore une fois à l'honneur dans le genre romanesque français, avec Pondichéry, la sensuelle, 2020, de Chilpa Dévi. Née à Pondichéry, l'auteure de ce roman ne voit pas sa ville natale à travers le prisme du colonialisme français. Elle s'intéresse plutôt aux multiples facettes de la sensualité féminine vécues par les jeunes adolescentes ou adultes de son pays natal. Comme le dit la quatrième de la couverture, « c'est un hymne à la sororité dans lequel les femmes sont à l'honneur, celle qui prennent leur destin en main ».
Le roman comprend sept volets comme les sept 'svaras' de la musique classique indienne avec toutes les nuances que cela pourrait impliquer.
Les sous-titres portent le nom des fleurs: La danse des frangipaniers, la muse au jasmin, Sampangui, sari blanc ou hibiscus rouge, le lotus sacré de la fertilité, l'orchidée pourpre nommée passion, kadambam. Certaines de ces fleurs émettent un parfum capiteux de nature à échauffer les sens. D'autres aux couleurs éclatantes suscitent un certain plaisir suave, délicieux.
Les personnages féminins de ce roman vivent leur histoire sentimentale, chacun à sa façon. Malgré les entraves à leur liberté, elles franchissent le pas pour faire épanouir leur sensualité. La narration frise alors l'érotisme en nous rappelant parfois Annie Ernaux (Passion Simple): Voici Vîna dont le mari est un riche marchand de 24 ans son aîné et avec qui la relation amoureuse se limitait « à des gestes mécaniques dépourvus de toute sensualité ». Frustrée, elle se laisse attirer par un jeune homme avec qui elle connaîtra une passion débridée. Elle « chassa rapidement la culpabilité qui essayait de s'insinuer dans son esprit, laissant ses hormones gouverner ses pulsions.... (p.147) » Et avec un parfum d'adultère, « de nouvelles sensations jamais connues avec son mari enflammèrent son bas ventre » (p. 149).
Mais le cadre spatial n'est pourtant pas occulté.
Les sept vies que Chilpa présente à grand renfort de détails pittoresques ont pour toile de fond non seulement la ville de Pondichéry mais aussi les villages environnants: Villiianur, Ariankuppam, Lawspet...
En filigrane, le roman présente les scènes de la vie pondichérienne.
L'auteure évoque la majestueuse éléphante, Lakshmi, qui agite sa trompe en guise de bénédiction devant le temple de Manakula Vinayaka. En faisant revivre cette scène elle se sent envahie par un étrange sentiment de tristesse : « sa place est dans son milieu naturel et non ici en captivité » (p.28). En effet, cette éléphante sera décédée très jeune quelques mois plus tard.
Elle décrit la scène du recueillement à l'Ashram d'Aurobindo : « L'endroit était propice au recueillement. Mais ne sachant comment méditer, Kavida s'assit pour s'imprégner de la sérénité ambiante... quelques visiteurs étaient assis parterre contre la sépulture... dans un état méditatif (p.77). Elle évoque la scène de 'valaï kappou', « fête prénatale qui se déroule au septième mois de grossesse, rassemblant des femmes de la proche famille » (p.196)....
Enfin, loin des discours coloniaux ou postcoloniaux qui caractérisent souvent les romans sur Pondichéry, Chilpa Dévi s'attache à mettre en lumière l'un des aspects constitutifs de l'être humain, la sensualité, en l'analysant chez les femmes de cette ville. C'est là que réside l'originalité de l'auteure.
R.Kichenamourty - LE TRAIT-D'UNION - Avril 2023
Je suis agréablement surprise de trouver cette critique élogieuse sur "Pondichéry, la sensuelle" parue dans le journal francophone de Pondichéry : LE TRAIT-D'UNION, organe de l'amitié franco-indienne, créé en 1944. Un article de Ramaya Kichenamourty, membre du comité de rédaction, ancien professeur de littérature française à l'Université de Pondichéry, qui est aussi traducteur français-tamoul d'ouvrages littéraires.
Merci infiniment à Monsieur Kichenamourty d'avoir pris le temps de le rédiger. Je lui suis reconnaissante de me faire connaître auprès du public franco-pondichérien. Chilpa Dévi
Pondichéry la sensuelle est un hymne à la sororité dans lequel les femmes sont à l’honneur, celles qui prennent leur destin en main. Découvrez l’Inde tamoule à travers la destinée de ces héroïnes indiennes prêtent à braver les croyances et conditionnements pour s’émanciper et acquérir plus de liberté dans un pays encore conservateur. Des histoires d’amour qui vont éveiller vos cinq sens à travers les couleurs, les parfums, la musique et les saveurs indiennes, le tout agrémenté d’une pointe d’érotisme. Un fil conducteur relie ces sept nouvelles, avec en filigrane l'histoire de l’ancien comptoir français. Maintenant vous êtes à Pondichéry, laissez votre imagination faire le reste…
« Une grande chaleur émane de votre œuvre, autant liée au sujet qu’à la manière de le traiter. Vous nous offrez une abondante richesse littéraire qui satisfait des envolées lyriques aux fragrances orientales. Votre roman est aussi un biais pour traiter de problématiques actuelles et nécessaires. Par de belles descriptions de communautés ethniques et sociales, vous mettez habilement en avant la valeur de la sororité. En outre, vous nous immergez voluptueusement dans un cadre dépaysant par la fluidité de votre langage». Directrice littéraire d’une maison d’édition.
Chilpa Dévi nous entraîne dans le monde sensoriel de sa ville natale, Pondichéry. Elle puise son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, le vécu de son entourage et l’actualité. Mais aussi parmi ses autres centres d’intérêt : voyages, gastronomie, spiritualité et l’art qui magnifie l’existence… Une passion enfouie qui émerge à travers sa plume pour donner vie à des personnages hauts en couleur.
பொங்கல் Pongal est la fête des moissons qui marque le début du solstice d’hiver. A l'origine, c'était une fête païenne (non liée à l’hindouisme), perpétuée par les paysans du Tamij Nâdou pour célébrer la nouvelle récolte du riz. Raison pour laquelle, on la nomme aussi தமிழர் திருநாள், la fête des Tamijars, sans distinction de castes ou religions...
Elle a lieu le premier
jour du mois de taï (calendrier
tamoul)qui correspondgénéralement au 14 janvier. On la qualifie ainsi de
தைப்பொங்கல் taï-pongal. A ne pas confondre
avec le nouvel an tamoul, le 1er du mois de sittiraï, qui se situe vers
le 14 avril.
Cette fête séculaire dure
quatre jours : du 13 au
16 janvier
Le 13, premier jour : போகி Bôgui marque le dernier jour du mois de mârgaji, où l’on se sépare de tout ce qui est inutile, en brûlant les vieux vêtements (purification par le feu) et en jetant les objets usés.
C’est symboliquement le début d’une nouvelle vie. On nettoie, rénove et décore les maisons. Les kôlames multicolores égayent les rues. On achète de la nouvelle vaisselle, vêtements, etc. Laisser partir l'ancien pour faire de la place à la nouveauté...
Le 14, deuxième jour : தைப்பொங்கல் taï-pongal
Offrande au soleil en signe de gratitude pour les bonnes récoltes. Dans un nouveau pot en terre, on cuit le riz dans du lait fermier, du sucre brut et une poignée de lentilles jaunes.
Quand la préparation déborde, on chante "Pongalô Pongal" (symbole d’abondance et de prospérité). On y ajoute du néyi (beurre clarifié), de la cardamome, des noix de cajou et des raisins secs avant de distribuer le riz gluant à l'entourage.
Mâttou Pongal, honneur aux animaux qui ont trimé toute
l’année avec les agriculteurs. Ce
jour est destiné à rendre grâce aux vaches qui nous nourrissent avec leur lait
et aux bœufs qui labourent les champs.
Les bovins sont lavés, décorés et
promenés dans les rues. Une offrande leur est dédiée avec du délicieux pongal à
s’en lécher les babines. On accroche à leur cou des colliers de sucreries, les
enfants se ruent pour en grappiller quelques unes. Le tintement des clochettes résonne dans les rues. Après avoir fait la java, les vaches se reposent...
Des courses de taureaux, appelées Jallikattu (prononcer djalikattou), sont organisées dans les villages pendant cette période. Ils sont lâchés un par un dans l'enclos des participants. Les plus endurants qui réussissent à dompter l’animal gagnent des lots. Il n’y a pas de mise à mort comme à la corrida mais ce sont plutôt les participants qui prennent des coups de cornes acérées ! Certains ont essayé de l'interdire définitivement mais sans succès !
Ce sport de bravoure très populaire dans le Tamij Nâdou attire les
foules. J’ai développé son aspect culturel, qui signe
l’identité des Tamijars, dans mon 3ème roman « Tamij, la guerrière –
de Pondichéry à Sivagangaï ».
Le 16 quatrième jour :
காணும் பொங்கல்
Kânoum Pongal, kânoum qu’on
peut traduire par "se voir". C’est symboliquement la journée de
partage où on se rend visite mutuellement. On déguste les différents mets qu'on a préparés (souvent non végétariens) avec la famille, les amis, les voisins. On
s’offre des cadeaux.
Surtout, on gratifie toutes les personnes qui travaillent pour nous avec de l'argent, des vêtements neufs, des fruits et légumes. Notamment la canne à sucre qui est abondante à cette période de l'année.
On l'appelle aussi உழவர் திருநாள் Oujavar tirounal, le pongal des cultivateurs
Au fil de mes histoires, j'ai égrené quelques célébrations traditionnelles dont le Pongal dans mon premier roman "Pondichéry, la sensuelle" pour s'imprégner de l'ambiance. Merci et joyeux Pongal à tous, தைப்பொங்கல் வாழ்த்துக்கள் 🙏 Chilpa Dévi
Deïvanai, l'éléphante du temple de Tirouchendour - Tamij Nâdou (Inde)
Un drame est survenu cette semaine au temple de Tirouchendour (Tiruchendur), dans le Tamij Nâdou. Deïvanai a tué 2 personnes ! Le 18 novembre 2024, l'éléphante était seule dans son enclos quand un individu s’introduit pour faire des selfies. Après une longue séance photos, l'homme l'aurait touchée, sans son consentement, pour lui dire aurevoir. Elle se serait énervée et l'aurait giflé. Projeté contre le mur, il (58 ans) meurt sur le champ. Un des cornacs (parenté à cet homme) serait accouru pour lui porter secours. Dans un moment de panique, elle l'écrase par mégarde, Udaya Kumar (45 ans) décède sur la route de l’hôpital.
L'éléphante Deïvanai et son feu cornac Oudaya Koumar (sur son dos) au temple de Tirouchendour en 2017https://youtu.be/cAAUT_FxhoY
L’analyse des images de la caméra de surveillance est en cours… Tout avait été filmé : on y voit les corps inanimés des 2 individus au sol, les 2 autres cornacs s’affairer autour de l’éléphante énervée, Deïvanai s’agenouiller pour réveiller son cornac qui gisait inerte et barrir de détresse en se rendant compte qu'elle venait de commettre l'irréparable. La scène est poignante ! Attention, images chocs
Qu’est-ce qui a provoqué la colère incontrôlable de l’éléphante ? Elle ne tolérait personne d’autres que ses 3 cornacs dans son territoire exigu. S’était-elle sentie menacée par cette intrusion ? Était-elle affamée, stressée ? Se sentait-elle seule sans sa tribu éléphantesque ? Avait-elle mal quelque part ? Deïvanai avait de l'eczéma mais ne souffrait d'aucune démence. Elle redevient docile quand le cornac principal, Radha Krishnan, l'asperge d'eau pour la calmer. Des examens médicaux sont en cours pour déterminer les causes de cette soudaine rage chez cette éléphante domestiquée.
Paix aux âmes des deux malheureux tués, les fatalistes diraient que c'était leur destin ou karma ! Mais Deïvanai pleure son dévoué compère, elle refuse de s'alimenter et reste prostrée. Oudaya Koumar s’était occupé d’elle pendant 15 ans, elle a une mémoire d'éléphant...
J’ai croisé le chemin de Deïvanai en novembre 2017, quand je m’étais
rendue au temple de Mourougar. Au petit matin, dans la descente qui menait vers
l’océan, se tenait la belle Deïvanai, oreilles au vent. Elle tournoyait
constamment sa trompe pour tromper son ennui. Tous les jours, elle bénissait
les dévots, des centaines de milliers, sans relâche… Ce n'est pas une vie d'éléphant !
J’ai tourné autour d’elle pour la filmer avec mon smartphone. Intriguée, elle me suivit du regard et tendit sa trompe dans ma direction.Je n’ai pas osé m’en approcher, car je ne la connaissais pas. Je suis restée une bonne demi-heure à l'observer, non sans un pincement au cœur. J'ai prié pour elle...
Cette jeune éléphante de 25 ans appartient au temple. Arrivée d’Assam à l’âge de 6 ans, elle a été offerte par un fidèle. Mais elle aurait déjà attaqué des gens par le passé dans un autre temple ! A Tirouchendour, on lui a construit une grande bassine où elle se baigne quotidiennement. On la voit jouer, comme une gosse qu'elle est, avec son feu cornac dans cette vidéo.
La polémique sur la nécessité d’avoir des
éléphants dans les temples refait surface en Inde. Ces dernières années, il y a
eu plusieurs accidents graves. En septembre 2024, l’éléphante Subbulakshmi du temple de Koundrakoudi (Kundrakudi) est morte brûlée vive, à cause d’un court circuit dans son enclos. Plusieurs personnes
sont attaquées fréquemment lors des festivités à cause des pachydermes qui paniquent dans
la foule et le bruit. Pourquoi vouloir malgré tout maintenir cette tradition du
temps des royautés où les éléphants faisaient partie intégrante de leur quotidien ? Dans les temps anciens, ils étaient utilisés pour les travaux de construction, de déforestation ou comme montures de guerres et emblème de fierté d'un royaume ainsi que les processions religieuses. Aujourd'hui, les machines font les travaux pénibles, alors quelle utilité de les garder en captivité ? Pour creuser sur le sujet :
Non sans une pensée affectueuse pour feue Lakshmi, l’éléphante du temple de Vinayagar à Pondichéry, qui m’était familière à force de la côtoyer depuis son plus jeune âge. Celle-ci est morte à 25 ans subitement (novembre 2022) d’une crise cardiaque, en intériorisant sa douleur, sans blesser personne physiquement… Heureusement, elle n'a pas été remplacée, sa fin tragique aura servi de leçon.
Après le drame de Tirouchendour, il est question de transférer définitivement Deïvanai à la réserve de Moudoumalaï (Mudumalai), dans la montagne des Nilguiris. Un centre en pleine nature, où tous les éléphants des temples du Tamij Nâdou se retrouvent entre eux, une fois par an. Mais depuis 2021, ces séjours de remise en forme de 48 jours ont été suspendus pour diverses raisons… Fini les vacances !
Après 18 ans de bons et loyaux services auprès des humains, je souhaite à Deïvanai de trouver enfin la sérénité, en pleine forêt, là où sont censés vivre tous les animaux sauvages et avec les siens. N'hésitez pas à commenter et partager. Merci, Chilpa Dévi
Vous êtes-vous demandé pourquoi dit-on tamiL au lieu de tamiJ en anglais ?
Le son JE n'existe pas phonétiquement dans la langue de Shakespeare. Pour pallier cela, les Anglais l'ont remplacé par L pour former "tamil" ou "tamizh" avec ZH. D'ailleurs, les Indiens utilisent de plus en plus cette dernière version pour avoir un semblant de prononciation avec la langue dravidienne.
La déformation s'est répercutée aussi en français : Tamoul-e-s, tamoulophone, tamoulitude, etc. Nous savons que Tamoul désigne le peuple du sud de l'Inde, qui a pour langue le tamoul. A ne pas confondre avec l'hindouisme, car ce n'est pas une religion !
D'ailleurs, certains ont pris l'habitude de désigner les Indiens "hindous", pour les différencier des Amérindiens. Pour cause un navigateur espagnol qui les a confondus : en arrivant en Amérique du Sud, Christophe Colomb pensait avoir atteint les Indes. Heureusement que Vasco De Gama a rectifié le tir... Maintenant quand on me demande : vous êtes hin-dou ? Je réponds : ça dépend de mon humeur (et de qui j'ai en face de moi), dès fois je ne suis pas douce !!
Trêve de plaisanterie, passons aux choses sérieuses. C'est lors de l'écriture de mon 3ème roman, que je me suis posé la question. Les noms propres et des villes, orthographiés à l'anglaise, avaient une résonance complètement différente que ceux d'origine. Les mots ont une racine, une signification et surtout une vibration. Il va sans dire qu'en remontant à l'étymologie d'un mot, on peut reconstituer l'Histoire d'un pays...
Pour prendre un exemple concret : Cuddalore se prononce "Kudalor" en français alors qu'en tamoul கடலூர் se dit "Kadalour" qui correspond à kadal : la mer et our : la ville, étymologiquement cela a du sens, la ville côtière. Et je dois avouer qu'entendre les étrangers écorcher constamment la langue de Tirouvalouvar a le don de m'irriter ! Tout finit par se dénaturer et perdre son sens, c'est pour cela que j'ai consacré un chapitre sur ce sujet dans mon 3ème roman.
Pourquoi ne pas redonner sa noblesse à cette langue millénaire, qui prend sa racine dans le Tamij-Brahmi ? En la francisant avec J, à l'identique de la prononciation d'origine :
TAMIJ தமிழ் avec un J ழ்
le Ja de ழகரம் (jagaram), qu'on prononce en effleurant le palet avec sa langue.
Les Indiens pensent être les seuls à posséder un J dans l'alphabet alors qu'il existe aussi dans la langue de Molière.
une vidéo récente qui démontre l'ancienneté de la langue tamije, qui n'est pas née du sanskrit comme on a pu l'entendre... avec preuves historiques et religieux à l'appui, en tamoul :
Après élucubrations, l'idée m'est venue de franciser les termes anglophones. Le but de ma démarche étant de prononcer de manière authentique les termes tamouls en français. Par exemple, Tamil Nadu devient Tamij Nâdou. J'ai habillé les voyelles longues avec un chapeau (accent circonflexe) : Nadu devient Nâdou (et éviter ainsi de doubler les voyelles pour Naadou).
Maîtriser les 2 langues correctement, tamoul et français, à l'écrit et à l'oral avant de s'attaquer à la lexicologie...
Tamijitude est un mot que j'ai créé en lien avec Tamij + attitude. Une adjonction du suffixe "itude" pour souligner l'identité et les spécificités de la culture tamoule, inhérente à la langue TAMIJ தமிழ்.
L'alphabet français facilite sa prononciation avec la consonne J donc j'ai phonétisé en tamiJitude. Il existe déjà avec un L : tamilitude, notamment en Anglais. Inventé par le philosophe Ramanan Sri, sur le modèle de négritude, créolitude et coolitude, est né le tamil + itude.
Tamilitude 1. La qualité, l'état ou le fait d'être d'origine tamoule. 2. Le patrimoine historique, culturel et social considéré comme commun au peuple tamoul dans son ensemble. 3. L'affirmation de soi du peuple tamoul ; l'affirmation ou la conscience de la valeur de la culture, du patrimoine, de l'identité, de la société et de la civilisation tamoules.
Même si je l'ai copyrighté dans mon dernier roman " Tamij, la guerrière - de Pondichéry à Sivagangaï " le terme tamijitude est libre d'utilisation. Tout le monde peut l'employer sans en revendiquer la maternité. Dans cet ouvrage, j'ai modifié de nombreux mots à consonance anglaise pour correspondre au plus près de la prononciation tamoule.
Je suis franco-tamije, amoureuse de ma langue maternelle, le tamij et de ma langue paternelle, le français. Il n'y a aucune revendication identitaire sous-jacente, je ne suis pas communautariste...
Si vous avez des remarques, n'hésitez pas à m'écrire. Et aussi des suggestions pour améliorer car il n'existe aucune standardisation concernant les transcriptions tamoul-français. L'idéal serait d'uniformiser à terme la graphie des mots employés par les personnes biculturelles....