Un voyage entre histoire, culture et mémoire
À travers mon troisième roman, j’ai voulu mettre en exergue non seulement un pan de l’histoire coloniale de l’Inde, mais aussi faire découvrir la culture tamoule dans toute sa richesse et sa complexité, à travers le regard d’une native.
Mythologies, rites, fêtes, religions, arts populaires, gastronomie, langue et parfois des sujets qui fâchent… Car une civilisation millénaire ne se réduit pas à des clichés exotiques ! Au fil des pages, le Tamij Nâdou devient presque un personnage à part entière, avec ses traditions et ses contradictions.
Pour les lecteurs de la diaspora, dont certains portent eux-mêmes un héritage tamoul transmis par leurs aïeux, cette plongée dans l’Inde du Sud pourra aussi faire écho à une mémoire culturelle et familiale. Car connaître ses racines, c’est aussi découvrir l’histoire de ses ancêtres…
Une femme avant d’être une reine
Au cœur du roman se trouve Rani Vélou Nâchiyâr, une figure historique encore trop peu connue en dehors du Pays Tamoul. Je ne souhaitais pas en faire une héroïne figée dans le temps, mais une femme traversée par l’amour, le deuil, l’exil, la solitude, la responsabilité et le combat.
Autour d’elle gravitent d’autres destins féminins, des guerriers, des anonymes et tout un peuple tamij dont les vies sont trop souvent restées dans l’ombre. Car derrière les grandes figures historiques se trouvent aussi celles et ceux qui ont combattu, résisté, transmis et contribué à façonner leur époque.
À mes yeux, la bravoure de Rani méritait d’être racontée : insuffler aux femmes d’aujourd’hui courage et résilience pour prendre en main leur propre destin.
Quand la mémoire traverse les siècles
Le roman fait dialoguer deux temporalités : celle de la reine de Sivagangaï, au 18ème siècle, et celle de mon propre circuit. Près de trois siècles plus tard. J’ai marché dans les pas de Rani, retrouvé les lieux où elle est née, a vécu et combattu, afin de confronter les traces du passé à la réalité du présent. Cette expérience a profondément nourri mon écriture, mais aussi mon propre cheminement.
En tant que femme franco-tamije (je me définis par mes langues), ce voyage initiatique m’a permis de renouer avec mes racines. Une quête identitaire et spirituelle restée inassouvie du fait de l’éloignement géographique et l’absence des miens.
Cette volonté de transmission est essentielle dans toutes les sociétés marquées par les migrations et les ruptures de mémoire. Les langues, les rites, les traditions et les récits familiaux sont autant de fils qui relient les générations, à condition que quelqu’un continue de les faire vivre.
Entre histoire documentée et création
romanesque
J’ai cherché un équilibre : respecter les faits et les personnages historiques tout en donnant chair à celles qui ont été occultées... Là où l’Histoire laisse des silences, le roman permet d’imaginer des vies, des émotions et des dialogues, sans prétendre détenir la vérité.
Cette épopée dépasse ainsi le simple récit historique. Je l’ai conçue comme une transmission destinée aux jeunes générations, mais aussi comme un devoir de mémoire envers mes ancêtres.
J’écris pour partager avec authenticité ce que j’apprends, à travers cette « tamijitude » qui me caractérise. Le choix du mot Tamij dans le titre n’est d’ailleurs pas anodin : il traduit aussi ma volonté de faire entendre, à ma manière, une langue et une identité que je porte depuis ma naissance.
Les peuples vivent tant que
quelqu’un continue de faire vivre leur mémoire… Chilpa Dévi
Et
non, ce roman n’a pas été écrit par une IA !
Texte et illustrations, tous droits réservés © Chilpa Dévi
À propos du roman
Accroche : Le Tamij Nâdou, une civilisation plurimillénaire, une reine, des guerrières, l’Inde britannique…
La romancière franco-tamije vous transporte dans une région méconnue du sud, terreau de l’indépendance, à la découverte de l’authentique culture tamoule.
Un 3ème roman pour mettre en lumière des femmes-courage qui aspiraient à la liberté et qui ont marqué l’Histoire par leur bravoure. Inspiré de faits historiques.
Tamij, la guerrière - De Pondichéry à Sivagangaï Publié en mars 2024
Traduit en anglais par Chilpa Devi et publié en septembre 2026 :
Rani Velu Nachiyar, The Forgotten Queen & Tamizh Warriors of Sivagangai
Autres publications de l’auteure :
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